Après la crise,
on change tout !

L’épidémie de COVID-19 révèle ce qui ne va pas dans le fonctionnement de nos sociétés et rend urgent et vital de penser et d’agir collectivement pour des alternatives radicales dans tous les domaines de la vie. #AprèsLaCrise propose d’y contribuer pour que, après la crise, on ne recommence pas comme avant.

Écologie

La pandémie de Covid-19 est une crise sociale mais aussi environnementale, liée productivisme et la pollution, et qui annonce d’autres catastrophes sanitaires et écologiques à venir. Pour éviter que de telles crises se reproduisent, il est urgent d’agir sur ses causes : l’agro-industrie, la pollution et la dégradation des conditions environnementales de la vie humaine et non humaine, les chaînes mondiales de production et de circulation des marchandises. En même temps, la diminution drastique des transports, notamment automobile et aérien et l’arrêt massif de certains secteurs industriels ont réduit la pollution atmosphérique de manière sensible dans certaines régions, et ont montré qu’il est possible et efficace de stopper rapidement les industries et activités polluantes. Cette situation invite à rien de moins qu’une révolution écologique, dont nous savons depuis longtemps qu’elle est absolument nécessaire, notamment en raison du réchauffement climatique, à la préservation des formes de vie que nous connaissons. Les propositions ci-dessous sont conçues comme de premiers pas en direction d’une telle révolution, dans ses dimension agraire, sanitaire et industrielle, et du transport, qui sont les plus directement impliquées par l’épidémie de Covid19. Elles devront être complétées, bien sûr, par d’autres propositions, notamment pour enclencher une révolution énergétique et sortir de l’économie fossile, et pour viser une relocalisation solidaire de l’ensemble de la production des biens et des services.

Leurs regards sur la situation et les propositions

#1 - Pour une agriculture paysanne soutenable : arrêter les déforestations industrielles et l’élevage intensif

Le Covid-19 est une zoonose. Né de la transmission d’un agent pathogène entre animaux et humains, cette maladie témoigne de la destruction croissante des écosystèmes et des milieux dans lesquels les animaux sauvages sont toujours plus menacés. Lorsqu’on déforeste, on met en contact des animaux chassés de leur habitat avec des élevages domestiques dans des écosystèmes déséquilibrés, proches de zones péri-urbaines. Les agents infectieux bénéficient ainsi de nouvelles chaînes de transmission et de recomposition. Les déforestations ne sont pas seulement responsables de la destruction des habitats des animaux sauvages, elles concourent aussi à une augmentation des gaz à effets de serres de 10% par an, contribuant à l’augmentation des températures qui augmentent elles-mêmes le rythme et la gravité des virus auxquels nous aurons à faire face. De même l’élevage intensif combiné aux déforestations produit des circulations d’agents pathogènes extrêmement dangereux comme ce fut le cas pour les grippes porcines, aviaires, et aujourd’hui le coronavirus.

Proposition : Arrêter la monoculture intensive, l’élevage intensif et les déforestations destinées à l’industrie (au détriment des forêts mixtes). Pour cela, il est notamment nécessaire de démembrer les grandes exploitations agro-industrielles, d’exproprier les propriétaires de grandes surfaces agricoles et de redistribuer les terres aux paysannes et paysans, dont le nombre doit drastiquement augmenter. Un plan de reconversion et d’investissement massif doit être mis en œuvre pour une nouvelle révolution agraire qui privilégie l’élevage traditionnel et l’associe à la préservation des forêts (“sylvopastoralisme”) et des habitants naturels des animaux, en relocalisant et en diversifiant la production agricole.

#2 - Pour une nouvelle révolution industrielle et écologique : fermer les industries inutiles

Il y a de fortes raisons de penser que la pollution atmosphérique, notamment liée aux taux de particules fines conduit à une plus forte propagation du virus et qu’elle expose plus fortement les populations aux difficultés respiratoires liés au Covid-19 (Wuhan, Milan, USA, etc). On voit ainsi aujourd’hui ce que les recherches en santé environnementale nous apprennent depuis longtemps : on ne peut séparer la santé des organismes des milieux dans lesquels ils évoluent. Les pollutions liées aux industries et aux transports n’affectent pas seulement l’atmosphère mondiale de manière dramatique, elles sont aussi sources de nombreuses maladies respiratoires, cancers et affections chroniques. 

Proposition : Il est urgent de réduire le volume global de la production matérielle et des transports. Pour cela, il faut commencer par fermer immédiatement les industries polluantes (par exemple les industries militaires, du plastique, publicité et de la mode, parmi les plus polluantes au niveau mondial aujourd’hui) qui ne sont pas absolument nécessaires à la satisfaction des besoins essentiels. Comme l’a montré, la crise sanitaire et la politique du confinement, il est tout à fait possible, lorsqu’on le décide, d’interrompre un grand nombre d’activités économiques superflues (par exemple la production d’automobiles), et il est absolument nécessaire de réduire le transport de circulation des marchandises (réduction drastique des importations et exportations) et donc d’organiser la relocalisation solidaire des activités en privilégiant les circuits courts. Ces premières mesures doivent permettre d’enclencher une nouvelle révolution sanitaire et industrielle visant le démantèlement des industries inutiles et l’arrêt des transports polluants non essentiels et qui réoriente l’ensemble des secteurs économiques depuis l’énergie fossile, principale responsable du réchauffement climatique, vers des énergies plus durables et moins polluantes.

#3 - Pour une révolution écologique des déplacements : développement et gratuité des transports collectifs et non polluants pour toutes et tous

La pollution atmosphérique qui propage et aggrave le Covid-19 est notamment liée aux modes de déplacements et de transports associés aux formes contemporaines de travail et de loisir. Les véhicules polluants individuels – et en premier lieu l’automobile – sont en cause, mais aussi les transports collectifs particulièrement polluants comme l’avion. La période du confinement montre que leur limitation drastique a des effets immédiats sur la pollution de l’air. Elle révèle aussi que des transports en commun payants et sans contrôle démocratique ne permettent pas de répondre aux besoins de la population, et le cas échéant à des impératifs de santé publique. La transformation “écologique” des véhicules privés et collectifs (par exemple l’électrique) peut être dans certains cas un petit pas en avant, mais est largement insuffisante par rapport aux enjeux écologiques et sanitaires aujourd’hui. 

Proposition : Tous les moyens de transports publics nécessaires à la satisfaction des besoins essentiels doivent être gratuits et sous contrôle démocratique (rythme, desserte, etc). L’usage des transports privés (comme l’automobile) doit être drastiquement réduit, remplacé autant que possible par des transports collectifs et publics, et il est nécessaire de limiter l’usage professionnel et de loisir des avions au strict minimum (en interdisant les vols aériens intérieurs, par exemple). Réduire les émissions de gaz à effets de serres et le taux de particules fines dans l’air suppose une révolution dans les modes de circulation, qui peut être enclenchée par une politique active de réorientation des déplacements vers les transports moins polluants notamment du vélo et des transports publics du rail, qui doivent être développés dans tous les territoires, gratuits et accessibles à toutes et tous.

Les problèmes liés à la pollution de l’air ou à l’agriculture intensive font déjà des dégâts en temps normal, mais semblent aussi jouer un rôle néfaste quant aux conséquences de l’épidémie de COVID-19. Pour notre santé et celle de la planète, c’est tout ce système qu’il faut changer !

Ci-dessous, quelques exemples.

Pollution de l’air

La pollution de l’air, l’exposition aux pesticides et les perturbateurs endocriniens sont responsables d’une augmentation des maladies chroniques et cancers, et rendent plus vulnérables au #Covid-19. Les zones les plus polluées en Chine, Iran, Italie sont les premiers foyers de l’épidémie. Industries polluantes, voitures, épandage agricole…#après la crise, on s’attaque sérieusement aux causes de ce fléau mondial.

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Agriculture

Le système agro-industriel capitaliste, en contribuant à détruire les forêts, les habitats naturels et les “coupe-feux” entre animaux sauvages et humains, en réduisant la diversité et en perturbant les rapports entre espèces animales, en faisant de l’élevage industriel des “niches à virus” et en intensifiant les chaînes logistiques mondialisées, est une des causes de l’émergence et de la propagation des virus mortifères, dont le #Covid19. Après la crise, on change tout !

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