Après la crise,
on change tout !

L’épidémie de COVID-19 révèle ce qui ne va pas dans le fonctionnement de nos sociétés et rend urgent et vital de penser et d’agir collectivement pour des alternatives radicales dans tous les domaines de la vie. #AprèsLaCrise propose d’y contribuer pour que, après la crise, on ne recommence pas comme avant.

Besoins essentiels

Si l’épidémie de COVID19 et le confinement ont accentué les inégalités d’accès aux biens et services essentiels, ces inégalités existaient déjà. Le logement, la santé, l’alimentation, l’eau, l’énergie… : autant de services vitaux laissés entre les mains du marché, qui n’a comme priorité que le profit de quelques-uns, au détriment de la majorité, tout comme les télécommunications, les services bancaires et autres services essentiels. Pour garantir à chacune et à chacun l’accès égal à ces biens et services essentiels, de nouveaux Services Publics doivent être créés, en y intégrant les entreprises actuellement privées. Ces nouveaux Services Publics ne seraient pas possédés par les actionnaires (privés ou publics), mais gouvernés démocratiquement  par des représentants des usagers, des travailleuses et travailleurs du secteur, de l’État et des collectivités locales. C’est en associant ces différentes parties dans toutes les décisions que seront garantis l’accès égal aux biens et services essentiels, leur finalité et leur utilité, la juste rémunération des travailleuses et travailleurs du secteur, et la nécessaire planification collective des besoins à venir.

#1 - Pour le droit à un logement digne pour toutes et tous : gratuité des m² essentiels et fixation démocratique des prix des loyers

Nous ne sommes pas toutes et tous égaux face au confinement. Pour beaucoup, les logements sont trop petits voire en mauvais état. En France en 2020, plus de 4 millions de personnes sont sans domicile fixe ou dans des conditions de logement qualifiées de “mal logement”. Auxquelles s’ajoutent 8 millions de personnes en situation de fragilité par rapport au logement avec “de réelles répercussions sur la vie de famille, la santé, l’environnement quotidien, le confort ou les fins de mois. ” selon la Fondation Abbé Pierre. Les loyers représentent souvent plus du tiers du revenu et,  pour plus des deux tiers des locataires, le montant des loyers les oblige à réduire leurs dépenses d’alimentation ou de santé. Parallèlement, de nombreux logements sont laissés vides dans les villes pour permettre à leur propriétaires de spéculer, faisant toujours plus monter les prix de l’immobilier, laissés aux seules mains du marché. De la même manière, dans de nombreux projets d’aménagement, on construit des m² de bureaux sans tenir compte des besoins réels en logements du territoires.

Proposition : Le logement étant un besoin essentiel, il doit être sorti de la loi du marché et être garanti comme droit constitutionnel. Dans un premier temps, une instance démocratique fixera le prix du m² pour les locations et les ventes et garantira que les “mètres carrés essentiels” seront pris en charge par la collectivité pour chacun.e, sans conditions de ressources (à titre indicatif, pour l’INSEE, la taille minimum d’un logement pour une personne est de 18m² ainsi qu’une chambre pour un couple, puis une pièce pour deux enfants de moins de 7 ans et une pièce pour chaque enfant de +7 ans).  La spéculation immobilière en laissant des appartements vides sera interdite ainsi que – progressivement – la rente immobilière – c’est à dire de posséder un logement dans le but de le louer. Concrètement : chacun.e aura droit, gratuitement, à un nombre de mètre carré essentiels ; le prix des mètres carrés complémentaires sera progressif et imposé au propriétaire, qu’il soit public ou privé. Une sécurité sociale du logement sera mise en œuvre pour couvrir les impayés et pour transformer les logements insalubres. Une planification démocratique de construction de logements neufs accessibles à toutes et à tous, de travaux de rénovation, d’agrandissement de la surface des logements et de reconversion en habitation d’une partie de l’immobilier d’entreprise non utilisé et jugé non essentiel.

#2 - Pour une alimentation saine pour toutes et tous : création d’une sécurité sociale alimentaire

Pour beaucoup de familles, la crise du Covid19 s’est doublée d’une véritable crise alimentaire. L’alimentation de mauvaise qualité et en quantité insuffisante était déjà la norme pour les familles les moins aisées, mais avec la fin temporaire de la prise en charge des enfants dans les cantines scolaires, cette situation est devenue catastrophique. S’ajoutent à cela les complications d’une infection au Covid19 causées par le diabète ou le surpoids. De l’autre côté de la chaîne, les agriculteurs qui produisent une alimentation saine ont souvent du mal à vivre décemment de leur travail. 

Proposition : Différentes associations proposent que chacune et chacun reçoive entre 100€ et 150€ par mois pour son alimentation, utilisables pour tous les produits alimentaires fabriqués selon des normes sanitaires, écologiques et sociales exemplaires. Si le montant de cette sécurité sociale alimentaire doit être fixé démocratiquement, il doit permettre à chacune et chacun d’avoir effectivement accès à une alimentation suffisante et saine. La distribution de ces produits localement et en circuit court devra être assurée dans toutes les collectivités locales et leurs prix fixés de manière à permettre l’accès à toutes et tous et la juste rémunération des productrices et producteurs.

#3 - Pour un accès aux soins pour toutes et tous : gratuité totale et sans condition du service public de la santé

La crise sanitaire actuelle met violemment en lumière les insuffisances de notre système de santé, pourtant largement documentées et dénoncées par les professionnel.le.s et les usager.e.s depuis des années. L’incapacité du système hospitalier à assumer sereinement la prise en charge des malades du COVID-19 révèle l’incurie des politiques successives qui, en supprimant des budgets, des moyens et des personnels, et en cherchant à optimiser le rendement des établissements, n’ont fait qu’affaiblir gravement notre système hospitalier. Et pour qui voudrait nous faire croire que c’est une situation exceptionnelle : il n’en est rien. Les mêmes causes ont produit les mêmes effets à l’occasion d’autres épidémies qui, elles, n’avaient rien d’exceptionnel : ce fût par exemple le cas en 2019 avec la saisonnière bronchiolite

En outre, les inégalités d’accès aux soins, qu’elles soient territoriales ou financières, sont elles aussi largement documentées et touchent, chaque année, plus de la moitié de la population. En effet, le droit à la santé est tout sauf universel et dépend à la fois de notre lieu d’habitation, de notre situation administrative – les sans-papiers en sont partiellement exclus – de notre affiliation à une mutuelle – sans quoi une large partie des soins ne nous est pas accessible – et de nos capacités financières : 7% des dépenses de santé restent assurées par les ménages, 10% pour la médecine de ville et 21% sur l’optique (DREES 2019). 

Proposition : Toutes les activités de santé doivent être impérativement exclues du champ du marché. Cela passe par exemple par la socialisation des industries pharmaceutiques, laboratoires et cliniques privées.  Il faut également inclure progressivement tous les professionnels de santé dans le système public et renforcer durablement le maillage territorial des établissements de santé et médecins. Enfin, l’accès illimité et sans condition financière ou administrative aux soins doit être la norme pour tou.te.s. Ce service public de santé sera gouverné par des instances désignées démocratiquement et réunissant professionnels de santé, usager.e.s et représentants de l’État et des collectivités locales.

Nos services publics ne sont pas essentiels uniquement en temps de crise : c’est au quotidien que nous en avons toutes et tous besoin. Pourtant, tous les gouvernements les ont réduit. Après la crise, on change tout !

Ci-dessous, quelques exemples.

Hôpitaux publics

Alors que nous faisons face à l’épidémie de COVID-19, les conséquences des politiques de réduction de financement de notre système de santé sont plus visibles que jamais. Après la crise, on change tout !

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Accès aux soins

En pleine pandémie comme en temps normal, l’accès à la santé pour toutes et tous est essentiel. Derrière les beaux discours, la réalité est bien plus nuancée et beaucoup de gens n’ont pas accès aux soins ou n’ont pas les moyens de se soigner.

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Mal logement

On n’est pas tous égaux face au confinement. Quand logement rime avec espace surpeuplé, insalubrité, précarité thermique ou encore solitude, rester chez soi peut nuire gravement à la santé. En France en 2020, plus de 4 millions de personnes sont sans domicile fixe ou dans des conditions de logement qualifiées de “mal logement”. Auxquelles s’ajoutent 8 millions de personnes en situation de fragilité par rapport au logement avec “de réelles répercussions sur la vie de famille, la santé, l’environnement quotidien, le confort ou les fins de mois. ” Après la crise, on change tout !

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Sans domicile fixe

On n’est pas tous égaux face au confinement. Comment rester chez soi quand on est à la rue ? Comment recevoir l’aide alimentaire quand les associations sont débordées, et les services sociaux fermés. La rue tue encore plus aujourd’hui, en pleine crise du coronavirus. Mais ce problème ne date pas d’hier, et rien n’a véritablement été fait pour le résoudre. Après la crise, on change tout !

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